La poésie construit des maisons

*

La poésie construit des maisons. Par maisons j’entends des planètes j’entends des terrains j’entends de l’espace.

La poésie c’est comme une grande maison une maison qui serait un peu comme une poule car elle ferait des œufs mais des œufs qui seraient des maisons.

Copie d’après Jérôme Bosch, « Le concert dans l’oeuf », XVIème siècle, 108,5 × 126,5 cm.

Pourquoi une maison qui pondrait des maisons ? Parce que la poésie est d’abord un refuge pour qui se sent à l’étroit entre les murs du monde et cherche l’espace infini d’une maison où les murs ne seraient pas de pierres mais de brises et d’air frais – paradoxe d’apparence pour qui cherche de l’espace et s’en va se cacher dans un œuf une maison car c’est une maison-brise un refuge transparent.

Un refuge transparent d’où l’on pense le monde de le voir de côté protégé par la brise qui sépare de la pluie. Si les murs sont faits d’air c’est pour n’être pas caché des pierres et des pluies pour ne pas oublier l’importance de bâtir des œufs des maisons et de l’air également pour qu’à côté du reste il existe des espaces d’où l’on puisse contester le primat d’existence que la pierre a sur l’air : de la brise pour nos murs et des œufs comme maison.

Ce n’est que comme cela que d’un simple refuge la maison-poésie devient germes et promesses : celle de donner naissance à des choses nouvelles – les seules qui montrent à l’âme ce qu’il y avait en elle bien avant sa naissance.

Alors par maisons c’est peut-être plutôt pour le dire sans mentir c’est espace que j’entends – c’était pour que l’esprit mette une image dessus car l’espace c’est abstrait et s’il est quelque chose que l’écriture n’est pas c’est bien un dire-abstrait car comme je l’ai dit c’est une maison qu’elle fonde – une vétuste cabane d’où l’on peut voir le monde et voir entre ces lignes tous les œufs qui prennent vie grâce à toutes les maisons qu’ont bâti les poètes pour repeupler le monde de planètes-courants d’air.

La poésie est la science du possible des maisons qui sont poules et des œufs des maisons. Si l’image vous déplaît vous pouvez à loisir y voir non des maisons mais des arbres qui pondraient des prairies et des prairies des arbres des baleines des rivières des vallées des déserts… Libre à vous d’y poser le regard qui vous sied.

Bâtissez ce qu’il vous faudra de refuge de promesse du moment que vous pensez à laisser la porte ouverte le reste n’importe pas – d’autant qu’on ne sait jamais si derrière une maison il n’y a pas un arbre ou une triste baleine perdue dans le désert.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s