Non la littérature n’est pas morte, elle est le possible

Je fais partie de ceux qui, aujourd’hui, pensent que seuls quelques-uns sont capables de parler de littérature avec chaleur. Qu’est-ce que parler de littérature avec chaleur ? C’est en parler avec l’âme ou le cœur, avec la conscience de sa nécessité comme de sa pérennité. Il n’est qu’un critique réticent à la lumière du soleil pour parler des adieux à la littérature, de sa fin, de sa chute – les Fukuyama de l’art littéraire. Voilà ce que Calvino n’est pas : un réticent à la lumière du soleil – l’un de ceux qu’on voit aujourd’hui, par centaines, par milliers, plein, trop, qu’on pourrait résumer en une note de bas de page qui courrait d’une page à une autre.

Les pieds de Nietzsche

Le Voyageur et son ombre est une véritable leçon de style où vous sera enseigné, par de fines leçons d'écriture, tout un art de vivre qui n'est autre qu'une longue conquête de la liberté. Dans les paragraphes de l'œuvre, Nietzsche se concentre - et à ma connaissance aucun autre de ses ouvrages n'étudie la question avec une telle attention - sur l'art d'écrire. Pourquoi écrire, comment écrire, comment s'y entraîner, quels sont les enjeux de l'art et de l'écrire… etc. ? Mais, fidèle à lui-même, Nietzsche dépasse très largement cette leçon stylistique et scripturale pour nous livrer tout son art de vivre.