commencer

18-08-2026

La thèse n’a pas commencé, je ne sais même pas si je vais être admissible, mais ce qui est sûr, c’est que prise ou pas, je vais me plonger, dès l’automne, dans la composition de mon troisième recueil et qu’accompagner ce processus d’un journal de recherche, peut-être, m’aidera à approcher ce qui m’apparaît pour le moment comme une terre trop dure pour qu’y puisse germer la moindre graine. L’été a été caniculaire, il faut arroser, nous avons trop attendu la pluie.

Pour les deux précédents recueils, le matériau pour l’un et le “thème” pour l’autre, se sont rapidement imposés d’eux-mêmes, ce qui a facilité le travail, ou moins, le début du travail. Pour celui-ci en revanche, j’ai l’impression que je manque de quelque chose de tangible, que lorsque j’avance sur une piste, celle-ci me semble très vite, convenue.

J’ai repris un collage que j’avais fait en recopiant une cinquantaine d’entrées issues du topic “J’EMMERDE (défouloir des misanthropes)” publié sur le forum Doctissimo. J’ai eu l’idée de le placer au début du recueil. Commencer par cet assemblage mi-maussade, mi-haineux, était une manière de laisser entendre, d’entrée, ces voix sans écho, solitude atomisée. C’était une manière, aussi, de faire un pont avec la partie « Comment vous sentez vous là tout de suite » composée depuis le même forum, et publiée quant à elle dans Les Branches des autres.

Il faut revenir à la cellule qui appelle, qui appelle car elle veut pour elle une voix, qui veut pour elle un monde, son monde, des mots autour et « elle ne sera plus jamais seule » (dans un poème de Tout à part demain). Dans l’espace du poème les plaintes solitaires deviennent chorales, une communauté se forme, malgré elle – fragile appartenance.

Dans l’introduction à L’Argument du rêve, Muriel Pic écrit : « Le poème est un moment critique : il donne forme à une inquiétude« .