némésis, point de chute, n°3, 2021

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I

les archéologues du parking

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davantage couchée que nocive
elle est coeur et journée

collée parmi les inondations
elle berçait murmurait qu’il serait un jour
pour la peau insolente

qui a vécu où je suis désormais

elle est elle est
et ils fouillent quand même

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II

ils finissent par revenir

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je n’ai pas pu découvrir
ce quartier à peine couvert

ce n’est pas mon corps
c’est la poudre entre

je ressentais lundi son retour
comme un bruit écrit
avec avant

il viendra ouvrir et la naissance sera
une cage de vertiges

ce n’est pas un hasard si la route
se cache pour voler

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III

décembre sur le pont Chauderon

je ne pouvais pas attraper le voleur d’écosystème :
le verre est à au moins dix ans de demain

abdiqué le quotidien a un goût
de cheville domestique

le terrain est mauvais le reste
**********************ne sait plus

au bord de la chute quand je pleure
**********************immobile
ça répond
********verglaçante

une odeur tendre et plastique
pénètre les sphères la bulle
se dérobe
l’ascenseur
*************regarde
*********************l’avalanche

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IV

qr

allons voir son poignet
s’il est sorti de ma gravité
regarder des caïmans composer
mes semelles et le désir
d’ailleurs
la première morsure l’a pris
penser au banc que j’aime
vraiment
sur terre grâce à quelques toi
bercé par ce que jamais n’aura un ordinateur –
les plumes
les pieds
la fuite –
je suis derrière la piscine
et je creuse

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IV

regroupement conjugal

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j’essaie d’être douce mais je partage
le même lit que la gare

dehors je croise des embryons errants
en trotinette électrique

« donne-lui son médicament
l’impression de sa réussite »

j’ai été jusqu’à la feuille

une mouche m’a demandé si j’étais comestible

« j’aimerais si j’étais mon existence »

les copies ont détourné les cimes
elles en font des minutes nucléaires
********************vapeur d’eau
********************tout le monde

********************un lecteur