25-08-2026
« Nous habitons constamment l’univers des voix, nous sommes continuellement bombardés par les boix, nous devons tracer notre chemin quotidien à travers une jungle de voix, et nous devons utiliser toutes sortes de machettes et de boussoles pour ne pas nous perdre. Il y a les voix des autres personnes, les voix de la musique, les voix des médias, notre propre voix entremêlée à l’ensemble. » (p.19)
Mladen Dolar, dans Une voix et rien d’autre, montre comment « l’objet voix », loin d’être un simple véhicule du langage et du sens, est un objet toujours à l’intersection – entre le langage et le corps, entre soi et l’autre, entre le bruit et le sens.La voix échappe sans cesse à la double capture qui menacerait de la réduire. Elle est interstice, ce qui ne se laisse jamais réduire ou absorber.
Si pour Dolar, elle est toujours ce qui reste, de mon côté, j’aimerais montrer qu’elle est plutôt, en ce qui concerne le cut-up en tout cas, ce qui apparaît. La voix du cut-up est l’effet d’un geste, le produit d’un montage – elle est processuelle, fabriquée. Pour “rester”, il faut d’abord qu’elle ait émergée – et ce, souvent, de ce qui même voulait la taire. La voix, telle que je l’entends, telle que je veux parvenir à la définir, est le début, l’ouverture du cadre.
D’ailleurs – en s’appuyant sur les analyses d’Agamben à propos de la distinction aristotélicienne entre phônê et logos – Dolar aussi semble aller dans le sens d’une voix qui certes, reste, mais aussi, ouvre, œuvre : « la voix n’est pas le vestige d’un état préculturel précédant, ou d’une fusion primordiale et heureuse quand nous n’étions pas infectés par le langage et ses calamités ; elle est le produit du logos lui-même, le soutenant et le perturbant en même temps. » (p.133).
Est-ce que je vais réussir à montrer ça ?