plus tardigrade que nageoire dorsale

il y avait tellement de visages dans la gare qu’en regardant la tache de café sur ma main j’y ai vu encore un visage. d’un bout à l’autre du train, les avenirs s’observent mais ne se touchent pas : ces avenirs sont désormais des droites parallèles - nos vies sont désormais des droites parallèles. nous vivons désormais à plusieurs centaines de kilomètres de ce qui aurait pu être un jour : notre vie. et je marche dans ces rues et je remercie le vent d’avoir placé nos jours sous un autre ciel, au soleil. 

sol majeur

je me suis dit : si je me baigne dans la rivière ça ira mieux. et je me suis baignée. j’ai senti le froid resserrer mes muscles comme la vie autour de moi. j’ai senti le temps m’oublier et moi oublier le monde. ça allait mieux. alors j’ai décidé d’aller marcher. ça, c’est la bonne nouvelle : j’ai suffisamment récupéré ma cheville foulée pour pouvoir retourner sur les sentiers.