premières neiges premières fuites

quand je vais mal ou plutôt quand des choses m’arrivent et me bousculent, j’ai besoin d’aller très lentement. mes gestes se densifient. ils sont plus lourds mais surtout plus lents. comme si chaque geste était l’occasion par la lenteur d’aller un peu moins mal en ressentant un peu moins fort. comme si de lenteur en lenteur, je cherchais à disparaître pour ne plus rien sentir. 

aphilosophie de l’amour

j’ai un peu menti l’autre fois en disant que c’était simplement par le corps que le narrateur de Solénoïde oubliait ses questions. ça m’arrangeait de penser ça. mais je n’étais pas dupe. je savais que c’était un peu plus profond. s’il oublie ses questions, c’est aussi et surtout par l’amour. et plus que ça, par ce que l’amour peut créer de plus insensé : un nouvel être humain. j’ai lu Le phénomène érotique de Jean-Luc Marion cette semaine. j’ai lu en même temps d'autres livres sur l’amour. j’en reparlerai peut-être. 

s’évader du plan d’évasion

il y a des moments où la cohabitation avec moi-même est plus difficile que d’autres. c’est dans ces moments-là que l’écriture se déploie. elle vient à mon secours. elle m’aide. c’est la voix off dans ma tête qui l’amène. j’ai entendu la voix off dire la première phrase avant de l’écrire. « il y a des moments où la cohabitation avec moi-même est plus difficile que d’autres ». c’est comme ça qu’elle l’a dit.

la bouche

avant le mont Borrel, j’ai raté la fin du soleil, j’ai marché au début du dernier quart de la lune, j’ai pensé à la boue dans ma tête, sans lumière au crépuscule je n’ai pas pu écrire dans mon journal comme je l’aurais voulu, j’ai fait mine que c’était naturel (car je suis une poète moderne) et j’ai pris mon iPhone pour noter : « la passion m’a mangée pendant l’été entier et pour ne pas finir par n’être plus qu’une bouche en train d’être mangée, j’ai décidé à l’automne venu de retourner ma bouche contre la passion elle-même et à mon tour de la manger toute entière. »

je m’excuse

je m'excuse de ne pas pouvoir répondre aux tentatives de correspondances, aux sollicitations, aux commandes de poèmes, aux livres reçus qui attendent leur jour sur mes étagères et que je regarde honteuse et triste, dégoutée d'y préférer des e-mails insipides - et en vous souhaitant une très très bonne journée - je m'excuse de m'excuser, de dire que c'est ok, c'est pas ok car les feuilles tombent et j'ai à peine le temps de les regarder faire comme chaque année leur cinéma trop saisonnier

un peu rien un peu les tiroirs un peu Metz et Emaz

il y a un deux ans j'avais lu Et si les oeuvres changeaient d'auteur de Pierre Bayard. dans cet essai, il appliquait à la critique littéraire une méthode amusante : analyser les livres de quelqu'un comme s'ils avaient été écrits par quelqu'un d'autre. il évoquait entre autres : L’Étranger de Kafka, Autant en emporte le… Lire la suite un peu rien un peu les tiroirs un peu Metz et Emaz

les saisons par Camille Ruiz épisode 2

depuis janvier dernier, Camille Ruiz me fait le bonheur de mettre en son quelques-uns de mes poèmes. elle a remis ça dernièrement avec trois poèmes issus des Histoires au soleil. à chaque fois c'est comme un peu noël pour moi. pour fêter ça, comme la dernière fois, j'ai fait une petite vidéo pour accompagner l'audio.… Lire la suite les saisons par Camille Ruiz épisode 2

relativisme de la matière, internet

ou méditation sur La Semaine Perpétuelle de Laura Vazquez C’est assez rassurant la littérature. Ça fait du bien de voir que l’on peut s’y sentir chez soi, parfois. Rencontrer des choses qui nous traversent habituellement, à nous, mais cette fois portées par d’autres voix que la sienne. Par plusieurs voix en même temps. Plusieurs voix… Lire la suite relativisme de la matière, internet