go Johnny, go, go

aujourd’hui, je m’adonne à une autre forme d’errance. l’année dernière je parcourais les routes, aujourd’hui : les fins sentiers des cimes. le résultat est plus ou moins le même : j’épuise mon corps par l’espace pour repousser l’angoisse. ça fait plusieurs semaines que je navigue au milieu de passions tristes, pulsions - vide. je m’invente des départs que je ne prendrai pas, de temps en temps j’encaisse des coups que je ne comprends pas, et au milieu bien sûr grandit le monstre. sa main est lourde sur mon épaule - il a depuis longtemps vomi mes ailes. sa main est lourde et pourtant je la serre contre moi : qui d’autre que lui pour rester dans ces moments ? 

mourir en vie, ne pas mourir

c’est un petit bar qui n’a pas d’intérieur mais qu’une terrasse ; il est à l’extrémité d’un parking, à côté du chemin de fer qui monte au Montenvers. la vue sur les aiguilles et le massif est dégagée, magnifique. et le soleil, même s’il disparaît derrière les sommets vers 17h, y frappe plus longtemps qu’ailleurs. avec la bande, tous les dimanches on s’y retrouve. il fait souvent moins de zéro mais on l’oublie en quelques verres. on est ensemble, on danse sur des vinyles de dub et de reggae, on est censé faire que passer mais on finit généralement par rentrer chez nous un peu plus tard que prévu, souvent transi-es, souvent bourré-es, mais toujours heureux-euses de s’être retrouvé-es dans cet endroit un peu spécial. dimanche dernier c’était particulier.