les poètes sont des touristes comme les autres

j’ai commencé cette note à l’aller dans l’avion. il y a 17 jours j’écrivais : « si je me concentre une seule seconde sur l’idée que je me trouve actuellement dans les airs en plein milieu de l’Atlantique, j’ai du mal à réprimer mon envie de hurler. je me sens animale dans ces moments. animale terrestre qui ne comprend pas ce qu’elle fait à 10 000 mètres par dessus la mer. plus qu’un peu plus de trois heures. courage Camille, courage Camille. ». on est désormais 17 jours plus tard et j’attends mon vol retour dans lequel je vais probablement me répéter le même mantra : courage Camille, courage Camille.

partir ou le parasite sacré

je rencontre des gens qui construisent des maisons. les gens qui construisent des maisons trouvent ça normal de construire des maisons mais moi je trouve ça fascinant. j’ai du mal à m’imaginer construire une maison quand même l’architecture de mes textes est bancale. est-ce que quelqu’un qui construit des maisons peut trouver que construire un poème est un fait fascinant ? cette question veut dire : combien pèse un poème face à une maison ? je regarde mes mains incapables de construire quoi que ce soit, pense aux khmers, les imagine coupées quand soudain : « et toi tu fais quoi dans la vie ? ».