pour la première fois, j’ai écrit la majorité de cette note sur un carnet. les recopier est une petite épreuve au milieu d’une très grande fatigue, mais je me persuade que je dois plus que jamais garder ce fil avec le journal.
tout ce qui est raconté dans cette note, et peut-être déjà dans la précédente, peut se résumer par ce vers de Tout se tient de Stéphane Bouquet : « Le temps futur n’est plus le temps d’après-après-demain mais la somme inverse de ce qui est déjà perdu.«
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ça aurait pu être un matin pour le sommeil mais un homme et une machine bruyante et l’incapacité de laisser l’herbe pousser et la manie de tout raser – rien ne doit dépasser, rien ne doit être.
nous avons quitté l’appartement, littéralement chassés par les troupes de résisdent·es Airbnb : en une semaine, au début de l’été, au début de l’hiver, l’immeuble où nous vivions, de fantôme passait à grand hôtel.
quand une femme m’a demandé où étaient les boites à clés, il y avait dans mon regard toutes mes pulsions inassouvies de sabotage, j’ai bégayé : i don’t know, I live here, ce qui voulait dire : really live here – même si déjà ce jour-là, la réalité était plutôt : really lived here. j’avais dans les bras plusieurs de mes plantes, c’était la veille du déménagement.
deux jours à entasser les affaires dans la voiture, amère, à ne dire bonjour à personne, fermer la porte devant elles·eux – ça arrive à tout le monde, cette histoire de dégoût.
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dans le jardin de la nouvelle maison – nous la louons pour 15 mois, cet endroit ne durera pas mais nous sommes très content·es – comment se plaindre ?
un post circulait hier avec différentes annonces de location dans la vallée parues sur Le Bon Coin : 31m² : 1350€, 50m² : 2800€, ou alors mon préféré, un peu plus central : 28m² : 1500€.
comment se plaindre alors que nous avons trouvé cet endroit ?
nous nous sommes déplacé·es vers la forêt, nous avons quitté le centre, tourné autour du glacier.
il y a des oiseaux, des insectes, de la place pour mes plantes, un peu moins pour nos livres mais ils attendent quelque part.
en hiver ici, le soleil ne dépasse pas du tout des sommets. c’est un mois entier sans rayons de soleil.
cela parait si loin.
pour le moment le soleil assèche la forêt et fait tomber les pierres. pendant que Yann Barthès dit que nous avons tous·tes chaud pareil, les Corbières s’embrasent, le personnel hospitalier de l’hôpital de Dax est obligé de placer des couvertures de survie sur les fenêtres pour se protéger de la chaleur, pendant qu’il insiste : tous·tes logé·es à la même enseigne.
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arracher le calme.
personne.
se réapproprier l’espace quelques minutes avant qu’il redevienne aux autres.
je découvre un autre rythme, j’ai mal aux pieds, mal aux genoux, mal au dos, mal à la tête le soir, je cours partout, je dis bonjour, bienvenue, vous avez réservé ?
nous accumulons les chances autant que les problèmes – le monte-charge s’est cassé, les fourmis mangent le bois, la porte du four me reste dans les mains, une tempête éclate lors de la fête d’ouverture.
une cabane est un être vivant, elle nous demande toute notre attention.
je n’ai pas revu la couleuvre, ni les lézards verts, la buse non plus, il fait trop chaud et je cours trop.
la cabane a le même âge que moi : elle sait comme les temps ont changé. au fil de la journée, dans la cuisine, la température varie de 27 à 37 degrés. nous sommes pourtant à 1100 mètres d’altitude.
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en ce moment, je vis avec le sentiment discret mais diffus de l’imminence de ma mort. et à part le fait que notre existence – son début comme sa poursuite – repose sur une part de chance non-négligeable, il n’y a aucune raison valable à cela.
je regarde la forêt, les insectes, la rivière, les gens bien sûr, les gens surtout, comme si j’allais bientôt ne plus les voir.
je ne sais pas si c’est ma façon de vivre cette année la saison de mes deuils anniversaires.
il y a deux jours, c’était les cinq ans de la mort de mon grand-père.
cela fait cinq ans que je fais le même rêve, au moins tous les mois : je vois mon grand-père et je réalise qu’en fait il n’est pas mort mais que j’ai juste oublié son existence. cette prise de conscience chaque fois me tue dans le rêve, et autant au réveil, où je peine à quitter la culpabilité provoquée par le rêve.
un jour j’écrirai un livre sur mes morts.
il s’appellera : Comment j’ai tué mes mort·es.
j’analyserai ce rêve à partir d’un concept que j’ai inventé pour l’occasion et qui s’appelle : le complexe de Simba, en référence à ce passage du Roi Lion où Mufasa apparaît dans le ciel pour reprocher à Simba de l’avoir oublié.
dans Soigner les morts pour guérir les vivants, Magali Molinié interroge les morts qui restent quelque part en travers de nos gorges, même aujourd’hui où l’on est poussé à toute vitesse vers le deuil, c’est-à-dire vers une forme d’oubli, de non-présence.
elle se demande : que se passe-t-il quand les morts refusent de mourir ?
avec l’Église catholique d’abord, un penchant hygiéniste ensuite, et la psychanalyse enfin, l’Occident n’a cessé de repousser ses morts ailleurs, dans le ciel d’abord, loin des villes ensuite, et loin des liens après.
au bout d’un an, une souffrance intense successive à la mort d’un·e proche est considérée comme un deuil pathologique.
j’imagine qu’avec mes rêves répétitifs concernant mon grand-père mort à 99 ans, j’entre dans cette catégorie.
la bonne nouvelle, c’est que les rêves s’espacent – peut-être que je me dé-pathologise.
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quand mon père est mort, j’avais dix ans. je rentrais de l’école avec ma mère, c’était le jour des grandes vacances, et nous avons trouvé mon père dans le fossé. il était conscient mais venait d’avoir un accident de scooter. il est mort une semaine après.
pendant les deux semaines entre l’accident et l’enterrement, je n’ai pas versé une seule larme. le jour de sa mort, ma mère m’a laissé chez une amie pour aller régler les affaires administratives qui s’imposent dans ces moments. quand cette amie m’a demandé si ça allait, j’ai répondu : oui oui ça va.
je ne me suis toujours pas pardonné ce mensonge et ce masque, et ce “oui oui ça va” me poursuit encore aujourd’hui quand je n’arrive pas à dire : non ça ne va pas.
mon grand-père essayait de me faire parler de mon deuil, de me faire parler de mon père – il m’offrait du Boris Cyrulnik.
je n’ai jamais réussi.
ça non plus je ne me le pardonnerai pas.
ou alors peut-être seulement quand j’aurai pardonné à mon père d’être mort.
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peut-être que c’est une histoire de joie.
j’ai passé les vingt-cinq premières années de ma vie à l’intérieur d’un chaos de plusieurs étages. je me suis sentie si souvent proche d’un point de non-retour. l’effondrement était partout.
et aujourd’hui j’ai fabriqué ma lumière, une lumière qui a cette odeur-là, une personne que l’on veille, qui va partir et c’est une autre qui part.
Olivier Sadoul en présentant mon travail lors du festival Pal’Arbre, l’a défini comme une façon d’être en alerte, à l’affût.
j’aimerais que cela cesse dans ma vie, reste dans mon travail.
j’aimerais uniquement être à l’écoute.
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« (…)
Attendu que tu sais pas ce qui se pass’ra demain. Car c’est quoi ta vie ? C’est à peine une ᴏᴍʙʀᴇ ᴛʜᴇʀᴍɪǫᴜᴇ, elle apparaît si peu, et disparaît ensuite de l’écran ;
Attendu que je ne pense pas contrôler ma propre chaleur et que cela peut prendre aussi longtemps que 16 secondes entre le bouton, le missile Hellfire et Un chien., se répondront-ils à eux-mêmes ;
Attendu qu’Un chien. diront-ils, Alors par conséquent,
Laisse cela compter comme on appelle une chose
Laisse-le être le visage exquis pour au moins 16 secondes
Laisse-moi te ᴍɪʀᴇʀ.
Laisse-moi te ᴍɪʀᴇʀ dans cette lumière qui a mis des années à nous parvenir. »
Solmaz Sharif, Mire
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le Glacier de la Griaz est recouvert de pierres.
j’ai l’impression que cela s’est fait en une journée mais c’est difficile à dire.
tout va tellement vite, que c’en est absurde.
peut-être que ça s’est fait en une minute.
peut-être qu’il a toujours été comme ça et que je le remarque aujourd’hui.
à la radio, ils ont dit que l’incendie en Gironde progressait de mille hectares en une journée.
d’après les capteurs qui y sont installés, dans le couloir du Gouter qui surplombe le glacier de la Griaz, il tombe une pierre toutes les trente-sept minutes.
toutes ces données ne disent rien des drames non-humains qui se jouent dans les forêts, dans les glaciers, et dans tous les endroits naturels moins capteurisés – les tourbières, les friches, les marais, les bocages – mais qui changent eux aussi.
ces données ne sont que des données.
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la plage du Porge a toujours été l’une de mes préférées. la dernière fois que j’y suis allée c’était en 2015 ou 2016.
j’avais décidé de retourner à Toulouse après une année à Paris. j’abandonnais mon cursus en histoire sociale pour me consacrer pleinement à l’étude des lettres car ça y est je le sentais, moi aussi, je pouvais l’assumer : je voulais écrire.
avant de quitter Paris, j’avais du mal à sortir de mon appartement, voire même de mon lit. j’y fumais cigarette sur cigarette, me couchais à six heures du matin, je trainais beaucoup sur Youtube et j’avais développé une fascination pour la pensée platiste.
le Porge était une parenthèse dans cette période pesante.
je me souviens de la forêt qu’il fallait traverser, de la plage, immense, la plus grande.
le sable brûlait nos pieds.
Félix lisait la Critique de la raison pure, je ramassais des coquillages – on essayait chacun·e de sauver nos peaux. le soir dans la voiture, on écoutait des albums de Daft Punk. je disais : « Veridis Quo devrait être joué dans une église ».
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en voulant relire mes carnets de cette époque, je suis allée fouiller dans le carton qui contient tous mes carnets depuis que j’ai commencé à en tenir – à peu près, novembre 2015.
je suis alors tombée sur l’un des carnets de mon grand-père.
deux ou trois ans avant sa mort, mon grand-père m’a donné des carnets qu’il avait entrepris à sa retraite pour écrire le récit de sa vie.
la mort brutale de ma grand-mère a fait dévier ce projet, et le récit d’enfance est devenu journal de deuil.
récemment j’ai vu l’interview d’un artiste disant que le fait du souffrir du deuil [to grief], c’était tout l’amour encore non-exprimé qui ainsi s’exprimait.
les carnets de mon grand-père incarne cela : la mort qui lui arrache l’amour à qui il a le sentiment de n’avoir encore rien dit, rien dit de tout ce qu’il aurait dû pourtant dire.
avant sa mort, mon grand-père a dû vivre la mort de ses trois fils, mon père et mes deux oncles, et des maris de ses deux filles.
je ne crois pas avoir un problème particulier avec la mort. je crois que la mort avait un problème particulier avec mon grand-père et que je ne lui pardonnerai jamais.
mais je crois aussi, que la mort s’en fout.
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je reste dehors jusqu’au rose très pale sur les glaciers, un peu plus mauve sur les sommets, et je regarde les oiseaux se disputer les framboises du framboisier. c’est le plus grand plaisir des derniers jours, un souffle sur l’âme blessée.
mon grand-père dans ses carnets demandait à ma grand-mère à quoi ressemblait l’après-vie. j’aimerais moins me poser la même question, mais comme celle de l’avant-mort, elle m’obsède.
la nuit, je rêve des flammes et le matin j’angoisse pour tous les animaux et les insectes qui brûlent quand moi j’ouvre les yeux – en lisant un soir, je tombe sur cette phrase d’Une bête à ton tour d’Anna Haillot : « Des insectes brûlent dans une éruption et je dors, je ne peux rien y faire.« .
après avoir lu les carnets de mon grand-père, j’ai aussi un peu relu les miens, ceux de 2015, 2016, 2017.
je lis peut-être moins de Pessoa et Kierkegaard, je me complais un peu moins dans la mélancolie quand elle m’arrive, mais la conclusion que je tire du fait d’être en vie est toujours la même : je ne comprends toujours rien à rien et souvent tout me paraît violent et insensé, mais malgré ça, il a en moi toujours ce trop-plein d’amour inexprimé pour cette vie et celles d’après – particulièrement si elles n’existent pas.
comment dire à une merlette que je l’aime ? et aux chevreuils que je suis désolée pour les flammes humaines, trop humaines ?
je sens que je porte en ce moment le poids du feu.
Judith Butler, dans Ce qui fait une vie, analysant Devant la douleur des autres de Susan Sontag et l’impératif qu’il contient – « Laissons les images atroces nous hanter ! » – écrit à ce propos : « Si nous ne sommes pas hantés, il n’y a pas de perte, il n’y a pas de vie qui ait été perdue.” Et grâce à une image, “on peut être hanté d’avance par la souffrance ou par la mort d’autrui« .
c’est vrai.
je me sens hantée par les images horribles qui m’arrivent du monde horrible. et je sens qu’en cela, je partage la souffrance de celles et ceux qui sont à l’intérieur de l’image.
mais je crois aussi que cela a tendance à me paralyser. je me contente d’être hantée, de souffrir dans mon coin.
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en lisant Au bonheur des morts de Vinciane Despret, j’étais d’accord avec elle quand elle disait que les fantômes s’opposaient aux mort·es – j’imaginais alors appeler mon grand livre sur mes mort·es : Contre les fantômes.
elle cite quelque part Emilie Cameron qui écrit quelque part : « Le spectral est devenu un trope omniprésent, un trope mortifère qui en vient à effacer les corps et les voix de ceux qui continuent à vivre et à payer les conséquences des injustices passées« .
il y a ça chez Butler aussi, le fait d’apprendre à pleurer les mort·es [grievability], humain·es, non-humain·es, comme début d’une lutte pour arrêter de les perdre.
mais je ne sais pas pourquoi, je me sens plus dans le trope mortifère des fantômes que dans l’action naissant de la pleurabilité.
je tombe sur un article évoquant les travaux d’une anthropologue, Elise Boutié, ayant enquêté sur les répercussions écologiques des incendies, auprès d’une communauté californienne touchée par un méga-feu en 2018.
le résultat de son étude, comme les images des incendies, me hante, me désespère : non, vivre un incendie et subir ses conséquences psychologiques et matérielles n’entraînera pas de remise en question des modes de vie accentuant ces mêmes incendies. au contraire, il les accentuera.
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et puis, dans l’espoir de sublimer tout ça, mais sans y croire, bien sûr, je lis les Fragments de la Poétique du feu de Bachelard, ouvrage posthume.
il y analyse une fois encore – la première fois étant dans la Psychanalyse du feu – le mythe d’Empédocle.
dans la version rapportée par Diogëne Laerce, Empédocle se serait jeté dans l’Etna pour prouver sa nature divine.
Bachelard parle à propos de son geste d’une “poétique de l’anéantissement”.
il écrit : « Dans l’acte empédocléen l’homme est aussi grand que le feu. L’homme est le grand acteur d’un cosmodrame vrai« .
en regardant les images des incendies, cette phrase prend maintenant un autre sens. un cosmodrame vrai, c’est un peu ce dans quoi j’ai l’impression de vivre depuis quelques années que tout semble s’accélérer – tout veut ici surtout dire : l’horrible.
dans un documentaire sur l’intensification de la saison des feux et plus globalement des incendies, Stephen Pyne, historien du feu, parle à propos de notre époque d’un Pyrocène : à trop abuser des énergies fossiles, nous serions entré·es dans l’ère du feu. au même titre que les glaciations il y a 20 000 ans, c’est aujourd’hui le feu qui pourrait être l’élément-architecte des paysages de la planète.
dans la Psychanalyse du feu, le complexe d’Empédocle traduit une fascination pour le feu poussée à l’extrême, la volonté de s’unir avec la flamme.
chez lui, c’est métaphorique. pour nous, ça paraît un peu plus concret, à la différence près, que notre union avec les flammes n’est pas choisie.
quelques-un·es nous l’imposent.
ils·elles n’habitent pas sous les toits.
incapables de s’y jeter car incapables de tout acte vrai, ils·elles nous poussent dans l’Etna.
quelque part dans Une bête à ton tour, Anna Haillot écrit : « Je tente de savoir à quoi peut ressembler le noyau de la Terre, et un milliardaire tourne en rond à l’intérieur ».
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l’autre jour, un ancien nous disait qu’un feu s’était déclenché ici en 1983.
la cabane n’existait pas. les flammes ont brûlé toute la face, toute la forêt. depuis la cabane, on aperçoit des feuillus sur toute une zone : ces arbres ont poussé sur les cendres des épicéas qui ont brûlé cette année-là.
il ajoute qu’en cas de feu ici, il faut attendre sur un pierrier.
ce qui nous arrive est simple : à la fin, il nous restera que les pierres.
en ce moment, je filme le moindre insecte, le moindre animal que je croise.
j’ai l’impression d’être animée par la même énergie qu’à l’époque où j’ai photographié toutes les pièces de la maison de mon grand-père avant qu’il ne la quitte, que je ne revoie jamais cette maison.
je veux garder des traces des choses que j’aime et dont la vue me fait du bien.
un jour où la forêt nous semble dangereusement sèche, et peut-être inquiété·es par le récit de cet incendie, Tim arrose préventivement les abords de la cabane.
j’essaie de faire abstraction de ce qui me hante et de me concentrer sur l’image d’une personne que j’aime prenant soin d’un lieu que j’aime.
et me revient ce vers : « Laisse cela compter comme on appelle une chose. »