journal de recherche

20-08-2026

Définir la voix, définir le possible.

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19-08-2026

Quelques idées avant le sommeil, et après, avant le début du travail, quelques cailloux qui auraient pu être cairn s’ils avaient été assemblés, mais pour le moment, plus proches de morceaux de nuit, dispersés au réveil.

– La frontière franco-italienne, particulièrement dans les alentours de Briançon, permettrait d’approcher la schizophrénie du territoire alpin, entre sur-tourisme et routes de l’exil. Le choix de la région pour la tenue d’épreuves sportives dans le cadre des JO 2030 va aussi entraîner des conséquences pour les habitant·es mais aussi pour l’environnement.

– Le drone pourrait pourrait permettre de lier ces aspects du territoire alpin : le tourisme d’une part et la militarisation de la frontière franco-italienne d’autre part ; des vidéos promotionnelles et publicités de marques de drone pourraient être interrompu par l’arrêté préfectoral de 2023 sur l’usage militaire de drone à des fins de surveillance à la frontière. Il ouvrirait ainsi la porte à une exposition des usages militaires et létaux du drone (« je ne pense pas en victoire ou en défaite, je pense en domination« , Alex Karp, patron de Palantir).

D’autres idées en vrac :

– Sur les liens entre territoire, délires capitalistes et transhumanisme : reprendre le Manifeste Techno-optimiste de Marc Andreessen.

– Sur l’atomisation des liens, la multiplication des discours haineux en ligne, la montée du fascisme : rapport d’observatoire de la haine en ligne.

– Sur le concept d’appartenance : relire le recueil de bell books (qui s’appelle d’ailleurs L’Appartenance ?). Lire The Great Good Place de Ray Oldenburg pour son concept de « troisième lieu » : espace où l’on se retrouve sans hiérarchie ni transaction imposée, permettant l’émergence d’une communauté par le simple habitude de s’y rendre et d’y croiser les mêmes personnes.

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18-08-2026

La thèse n’a pas commencé, je ne sais même pas si je vais être admissible, mais ce qui est sûr, c’est que prise ou pas, je vais me plonger, dès l’automne, dans la composition de mon troisième recueil et qu’accompagner ce processus d’un journal de recherche, peut-être, m’aidera à approcher ce qui m’apparaît pour le moment comme une terre trop dure pour qu’y puisse germer la moindre graine. L’été a été caniculaire, il faut arroser, nous avons trop attendu la pluie.

Pour les deux précédents recueils, le matériau pour l’un et le “thème” pour l’autre, se sont rapidement imposés d’eux-mêmes, ce qui a facilité le travail, ou moins, le début du travail. Pour celui-ci en revanche, j’ai l’impression que je manque de quelque chose de tangible, que lorsque j’avance sur une piste, celle-ci me semble très vite, convenue.

J’ai repris un collage que j’avais fait en recopiant une cinquantaine d’entrées issues du topic “J’EMMERDE (défouloir des misanthropes)” publié sur le forum Doctissimo. J’ai eu l’idée de le placer au début du recueil. Commencer par cet assemblage mi-maussade, mi-haineux, était une manière de laisser entendre, d’entrée, ces voix sans écho, solitude atomisée. C’était une manière, aussi, de faire un pont avec la partie « Comment vous sentez vous là tout de suite » composée depuis le même forum, et publiée quant à elle dans Les Branches des autres.

Il faut revenir à la cellule qui appelle, qui appelle car elle veut pour elle une voix, qui veut pour elle un monde, son monde, des mots autour et « elle ne sera plus jamais seule » (dans un poème de Tout à part demain). Dans l’espace du poème les plaintes solitaires deviennent chorales, une communauté se forme, malgré elle – fragile appartenance.

Dans l’introduction à L’Argument du rêve, Muriel Pic écrit : « Le poème est un moment critique : il donne forme à une inquiétude« .