quelques notes sur la poésie sonore


J’ai créé une nouvelle page, ici sur ce site, qui s’appelle Résonances.


Je l’ai créée dans le but de regrouper des projets à venir apparentés, de près ou de loin, à la poésie sonore.

C’est quelque chose que j’ai envie de développer.

Moi-même, je ne m’y connais pas trop (encore) en poésie sonore.

Pour le moment, je me contente d’aimer (beaucoup) les mises en voix / en sons.

Je ne suis pas très forte pour ce qui est trop expérimental.

Je suis plus Kankyō Ongaku que raclement de gorge.

Les poèmes de Henri Chopin me font aussi peur que certaines compositions de Xenakis.

Pourtant, j’aimerais bien comprendre et j’aimerais bien aimer.

Alors, j’ai un peu cherché ce qu’il en était et ce qu’on appelait poésie sonore.

*

Dans un entretien accordé à Alexandre Gherban, pour Poezibao, Tibor Papp propose une typologie des poèmes sonores à partir de leur proximité avec la langue écrite-et-parlée :

  • le groupe 1 est composé des poèmes « enrichis en sonorités » ; il s’agit des poèmes les plus proches de la langue écrite-et-parlée ; le sens du discours y évolue d’une manière linéaire, souvent enrichie ou interrompue par des additions d’effets. dans cette catégorie entrent aussi les poèmes évoluant par « contagion sonore ».
    il cite un poème de Paul de Vree que je ne retrouve pas. voici en échange Veronika.
    je pense de mon côté à certaines lectures de Sandra Moussempès.

  • le groupe 2 est composé des poèmes répétitifs ; ici, « le poème est le résultat de la répétition rigoureusement identique, avec des intonations variées d’un groupe de mots (deux au minimum) »
    il cite en exemple Séduction Séducteur d’Adriano Spatola.

  • le groupe 3 est composé des poèmes phonétiques dans lesquels « les phonèmes sont séparés de tout contexte et, même lorsqu’ils sont associés les uns aux autres, n’y ont aucune vocation à exprimer des distinctions sémantiques ».
    il cite en exemple L’Ursonate de Kurt Schwitters.

  • le groupe 4 est composé – ça devient technique – des poèmes sonores rythmiques à monèmes lexicaux. le rythme y est déterminé par « le retour régulier des accents rythmiques, sans que l’on tienne compte du nombre de syllabes atones intercalaires » soit par « la division du vers en mesures ».
    il cite en exemple son propre Poéticoconcerto pour Tché.

  • le groupe 5 est composé des poèmes sonores à gisements sémantiques multiples. ces poèmes sont faits de couches superposées qui se croisent.
    il cite Tout autour de Vaduz de Bernard Heidsieck.

  • le groupe 6 est composé des poèmes en flots sonores où « les monèmes lexicaux et les événements sonores sont mélangés ». ils n’ont pas d’organisation syntaxique.
    il cite en exemple Sol air de Henri Chopin.

  • le groupe 7 est composé des poèmes poèmes sonores réalistes ; il s’agit de « poèmes basés sur les bruits humains buccaux ou non, extérieurs au système phonologique » ; « la structure du poème sonore réaliste est basée sur la succession logique des éléments ayant un sens codé ».
    il cite en exemple Crirythme de François Dufrêne.


Je mets tout ça ici surtout pour moi. Pour le garder quelque part.

Ce sont peut-être des pistes pour plus tard.

*

En attendant d’en savoir plus, je vous invite à écouter le premier projet de ce nouveau projet : une collaboration avec Camille Ruiz qui a accepté de donner sons à trois de mes poèmes issues des Humeurs printanières.

C’est en écoute ici et c’est très beau.

Prenez juste des écouteurs.

Avec un peu de chance c’est juste le début.




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2 réflexions sur « quelques notes sur la poésie sonore »

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