destination finale

cette note aura la forme d’une insomnie. 

une insomnie qui a duré un mois. 

*

il est 2 heures du matin. 

la douleur me réveille et peu à peu s’emmêle avec la conversation que j’ai eue avant de m’endormir. 

ça disait : 

« mais qu’est-ce qu’on recherche à travers ça ? 
_ la fin de l’histoire, finir par arriver au port. on ne peut pas faire que voyager. ». 

je sais. c’est pour ça que j’ai décidé d’habiter à nouveau quelque part. 

de là à penser que quelque part peut être port, c’est encore difficile. 

je ne sais même pas si le lieu existe. 

quand je demande à Chat GPT, il ne comprend pas la question. 

moi-même je ne la comprends pas. 

il est maintenant 3 heures et la douleur explose et je vois bien que le problème c’est la possibilité de la destination : je n’y crois pas. 

est-ce qu’on arrive quelque part ? 

ou est-ce que toujours seulement on passe, on flotte ? 

*

la nuit continue à s’étendre et je convoque dans mon esprit les pensées amies, celles qui m’ont aidée, plus jeune, à domestiquer l’angoisse, à l’amaigrir. 

ainsi celle de Jankélévitch. 

il y a chez lui quelque chose qui me touche, comme la sagesse d’un vieil homme. peut-être parce que c’est comme ça qu’il s’impose dans mon esprit. en vieil homme. c’est probablement à cause des photos que je connais de lui. en tout cas, quoi qu’il en soit, il y a chez lui cette tempérance qui, parce qu’elle est aux antipodes de mon mode d’être, me fait du bien, me montre une autre voie. 

dans L’Aventure, l’ennui et le sérieux, il étudie ces trois modalités d’être au temps, ces trois façons de s’y projeter, sans jamais n’en privilégier aucune : toutes ont leur importance, toutes sont essentielles – la vie ne peut pas qu’être aventure, pas qu’être ennui, pas qu’être sérieux, il faut des trois pour être. 

ce qui importe, c’est la dialectique entre chacune. 

finalement comme d’habitude, c’est l’équilibre. 

et peut-être désormais dans le vocabulaire que je cherche à saisir, c’est la destination.  

que l’aventure soit une île où en secret aimer Circé et que le sérieux nous fasse reprendre la mer. 

qu’il y ait toujours cette certitude profondément ancré en nous qu’il existe un endroit où nous pouvons être chez nous et que cet endroit est parfois une ville, parfois une forêt, parfois une maison, parfois une personne – ou parfois plusieurs. 

que même si l’on nous propose l’immortalité et que Calypso est d’une beauté divine, il faut quand même aller, prendre le risque de vexer les dieux, pour retourner dans un lieu où l’on a peut-être été oublié et où l’on va probablement rapidement s’ennuyer.  

mais où il faut aller. 

« parce qu’on ne peut pas faire que voyager. »  

*

bien sûr, je divague. 

je ne suis pas Ulysse et je n’ai même pas d’Ithaque. 

quand j’étais enfant, j’ai beaucoup déménagé. c’est une habitude que j’ai repris dès que j’ai eu mes premiers appartements. 

j’ai loué en dix ans plus de dix appartements et j’ai vécu dans au moins autant d’habitats aux contrats moins formels, dans les périodes intermédiaires, entre deux vraies locations. 

ça fait beaucoup. 

et pourtant, au milieu de tout ces mouvements erratiques – ils l’étaient la plupart du temps – il y a un endroit qui m’est apparu comme un chez-moi possible, au coeur même de mon effondrement :  c’est ici, dans cette vallée qui ressemble si souvent à un parc d’attractions, où j’avais vécu seulement deux ans avant d’y retourner. 

j’y suis arrivée comme j’y étais venue la première fois : en « fleur fanée » (l’expression est d’un ami chez qui j’ai vécu il y a trois mois) et me voici aujourd’hui, reprise dans le tourbillon des manèges de l’ici, de la nuit, du dehors – en somme : de l’aventure.

j’ai écrit sur instagram récemment : « je vais mieux, j’ai des cernes à nouveau. ». ça résume bien l’équation du moment, entre l’intensité avec laquelle les jours et les nuits s’enchainent et la sensation de ma joie retrouvée. 

ce n’est plus comme autrefois. 

pour le moment, dans mes cernes, il y a ma joie et ces nuits à pleurer de rire ou à aimer la terre entière et ces matins qui suivent, à rester au lit, jusqu’à s’en faire exploser le coeur ; il y a le stress des lectures publiques et de mon rêve qui se réalise ; et aussi bien sûr, il y a le plaisir insoupçonné que je prends à avoir un emploi qui me plait. 

comme si tout cicatrisait. comme si toute la place était pour moi. comme si « rien » ce n’était plus ma vie mais c’était simplement « rien » et que ma vie était ma vie. 

oui j’ai refleuri. 

ça a été beaucoup plus facile que prévu : j’avais les dieux de mon côté et le vent dans le dos. 

il y a des jours où j’éprouve une joie que j’ai l’impression de n’avoir jamais ressenti. une paix qui m’ancre très profondément, mais sans savoir dans quoi. 

c’est peut-être une forme de sérieux, peut-être. je sens que certaines conditions présentes m’enracinent dans ma propre existence, me permettent d’accéder à un sentiment jusqu’alors inconnu. peut-être quelque chose de l’ordre de la reconnaissance, peut-être. 

par exemple, l’autre soir je lisais des extraits des Branches des autres, lors du lancement de la collection dans laquelle le recueil a été publié, à la librairie L’Atelier, à Paris. il y avait bien sûr Nico dans le public, à qui j’envoyais, il y a quatre ans maintenant, les poèmes au rythme où je les écrivais. et, pendant que je lisais, un très court instant, comme une fraction de seconde, je me suis revue sur l’un des bureaux où j’ai écrit le poème que je lisais et j’ai eu l’exacte sensation du chemin parcouru – de la nécessité de m’exorciser, que je ressentais au moment où j’ai commencé ce livre, jusqu’à l’écoute attentive d’un public parisien. 

la sensation du chemin parcouru. 

évidemment, en sortant, j’exultais. j’exultais parce que j’hallucinais. j’hallucinais que ça m’arrive. que ça m’arrive à moi. 

qu’une dépression se soit faite livre. et que ce livre devienne moments. et ces moments, fierté. et cette fierté, joie. et cette joie, confiance – soit l’état contraire à celui qui l’a rendu possible.  

en fait, si les sensations que j’éprouve me paraissent inédites, c’est parce qu’elles sont pour la première fois le fruit d’un accomplissement, de quelque chose qui s’est longtemps nourri d’ombre, longtemps et intensément, pour finalement se muer en lumière. c’est cette phrase de Bachelard dans la Psychanalyse du feu : « alors le feu qui nous brulait, soudain nous éclaire. ». 

un poème après l’autre, j’ai cru à ce livre et ce livre, quatre ans plus tard, a fini par naître. 

tout ça est bien sûr extrêmement relatif et n’a de sens qu’à l’échelle de ma vie, mais pour moi, c’est un petit événement : pour la première fois, j’ai cru à la destination, et j’ai continué à garder mon cap, malgré les pauses insulaires, les sirènes et les noyades, j’ai cru à la destination, peut-être sans me l’avouer, mais force est d’admettre, que ça à fonctionner – même si encore une fois, tout ça n’a de sens, qu’à l’échelle de ma vie. 

*

aussi, bien sûr, je n’ai le sentiment d’être arrivée nulle part. 

l’accomplissement dont je parle ici est plutôt la conscience que quelque chose s’est mis à bouger, s’est enclenché, m’a entraîné, de façon toujours hasardeuse et précaire, et que je me suis accrochée à la seule volonté d’aller. 

et c’est peut-être ça qui me permet de me réconcilier finalement, maintenant que j’y réfléchis parce que je ne dors pas, avec l’idée de destination : en fait, elle n’est pas un lieu, elle est un mouvement. 

en ce sens, je veux bien y croire. 

*

et c’est comme ça que je me suis mise à penser à l’utopie. 

notamment telle que la pense Walter Benjamin. 

j’en profite d’ailleurs pour faire une parenthèse : récemment est sorti destins critiques de Walter Benjamin, un livre collectif porté par le collectif volodia et édité par les éditions abrüpt. j’ai eu la chance d’y proposer un poème réalisé à partir du collage de l’introduction de Paris, capitale du XIXème siècle. c’est un livre qui comprend des propositions critiques, poétiques et artistiques de grande qualité, qui permettent d’aborder l’oeuvre de Benjamin sous l’angle de la contre-féérie. il est disponible à la commande ou en ligne gratuitement. 

Benjamin donc. 

qui fait de l’utopie non un objectif figé – où la destination serait un lieu – mais une force susceptible de suspendre le cours de l’Histoire pour le reconfigurer – la destination comme un mouvement, ici révolutionnaire. 

l’utopie est chez lui la possibilité d’un autre avenir que celui qui s’amène malgré nous, qui s’amène contre nous. 

ce n’est pas simplement un espace-temps auquel on accède, c’est tout ce qui le rend possible – presque, la possibilité elle-même. 

*

quand on était en voyage avec A., j’avais eu l’idée d’un spectacle, à mi-chemin du cirque et du théâtre, que je voulais écrire pour lui. 

ce spectacle était une critique d’un certain entre-soi que j’identifiais dans les territoires d’Ardèche où nous vivions alors et qui, en dépit de toutes ses bonnes volontés écologiques et sociales, n’en restait pas moins bien souvent apolitique, profondément contre-révolutionnaire malgré lui.  

ce spectacle devait mettre en scène un personnage idéaliste et naïf, à mi-chemin du Baron Perché de Calvino et du Quichotte de Cervantès, nous présentant le lieu de vie dans lequel il venait de s’installer, véritable havre de paix bien éloigné des préoccupations et des tourments du bas-monde grâce à une installation ingénieuse permettant aux habitant-es de vivre sur des fils en hauteur, en parfaite autonomie et sans aucun lien avec « le bas ». 

l’idée était que l’ébranlement progressif de la structure (mais je ne suis ni ingénieure, ni technicienne, ni circassienne, donc faute d’avoir le temps et les moyens pour réfléchir à celle-ci, j’ai délaissé ce projet), permette de questionner les limites de l’utopie telle qu’envisagée par le personnage de la pièce et de poser la question de sa porosité : même loin et même haut, est-il vraiment possible de faire fi du monde et d’échapper à son effondrement ? 

*

décidément, cette insomnie m’entraîne sur des sentiers éloignés, comme ici, au fin fond de la forêt d’araucarias dans laquelle est né ce spectacle avorté. 

mais tout ça fait sens : dans ce spectacle, c’était la clôture de l’utopie que je cherchais à malmener. son caractère figé, statique. 

en d’autres termes, c’était l’idée de destination comme lieu, plutôt que comme mouvement. 

nous y voilà. 

plus d’un an après. 

*

je perds mon fil mais tout ça est plutôt bon signe. 

je le rappelle : nous sommes ici au milieu d’une insomnie. 

les idées comme les lieux se télescopent. 

les temporalités aussi. 

Benjamin dit de l’utopie qu’elle n’est pas qu’un mouvement tendu vers l’avenir, mais aussi une façon de se ré-emparer du passé, de lui donner sens. en cela : elle est une forme de justice qui rend possible la réconciliation – car la seconde ne peut advenir sans la première. 

peut-être que c’est pour ça que me revient cette forêt. 

parce ce que je vis aujourd’hui donne un sens différent à ce qui a été. 

j’apprends à me réconcilier, je fais la paix. 

ce n’est plus renaître que je fais, c’est apprendre à avancer. 

*

dans « Une femme sur le fil, Olivia Rosenthal écrit : « Il est beaucoup plus facile de recommencer que de continuer ». 

c’est horriblement vrai. c’est pour ça que j’ai passé ma vingtaine à mourir pour pouvoir renaître. parce que m’était insupportable la perspective de simplement continuer, de me perpétuer. 

« Tomber, sur cette terre, signifie / se remettre à se lever. / C’est l’habitude », écritLeandro Calle dans Pays. 

et c’est peut-être aussi pour ça que j’éprouve la paix actuelle : pour la première fois peut-être, je n’ai plus envie de mourir à moi-même, j’ai le sentiment d’avoir atteint une forme d’ancrage qui me rend apte à me laisser pousser. 

je ne veux plus tomber ni me remettre à me lever : je veux m’accrocher, persévérer. 

*

et pourtant. 

pourtant bien sûr ce n’est pas si simple. 

je ressens certains jours le revers de cette paix qui est la peur, diffuse et lancinante, qui prend parfois toute la place. 

la peur que ça dérape. et que les masques tombent. 

que le temps me retrouve. 

il y a dans toute nouveauté, cet oubli que toujours je recherche, dans l’ivresse par exemple, cet allégement du poids de l’être. 

celui que m’a offert mon retour ici. et la parution du livre. et un nouvel amour. 

mais je sens que de plus en plus, je me rappelle. 

je me rappelle de mon nom et des failles de ses voyelles, et progressivement, je me persuade de mon monstre et me l’invente dans mes moindres gestes. 

les plaies ont beau cicatrisé, le problème, c’est qu’en-dessous d’elles, je découvre quelque chose que j’avais oublié : ma propre peau. 

et à nouveau, elle me fait peur.  

*

m’est revenue, en écrivant ces phrases, un vers de Pizarnik : 

« Étrange de me déshabituer / de l’heure où je suis née. ».

en reprenant le poème en entier, j’ai réalisé que j’avais oublié le vers qui le suivait : 

« Étrange de ne plus jouer / mon rôle de nouvelle venue. » 

ça fait bien longtemps qu’il n’est plus l’heure des présentations. 

ni avec le monde, ni avec moi-même. 

on se connaît tous très très bien. 

et pourtant, je ne comprends que trop cette étrangeté dont elle parle ici. 

peut-être d’ailleurs, que plus que la peur, c’est simplement cela que je ressens maintenant : l’étrangeté de ne plus jouer mon rôle de nouvelle venue, autrement dit de continuer plutôt que de recommencer. 

*

j’avais annoncé que cette note serait une insomnie. 

il est normal que sa forme soit circulaire. qu’elle tourne autour d’elle-même. 

c’est d’ailleurs ce qui m’a plu dans Une femme sur un fil

cet aveu selon laquelle l’écriture aurait la forme d’une spirale descendante : 

« Quelque chose de masqué doit à tout prix être découvert et à mesure que j’en approche cette chose-là s’éloigne. ». 

dans l’écriture comme dans la vie, souvent tourne en rond et pourtant on avance. les mots s’enchaînent comme les ans et on a beau se répéter encore et encore, parfois quelque chose se passe. 

la différence, peut-être, est que dans l’écriture plus qu’ailleurs dans la vie, on peut assumer de ne pas tant chercher des solutions que creuser nos problèmes.  

c’est ce que je fais ici. 

je tourne en rond, j’attends l’étincelle en creusant mes problèmes. 

aussi, si j’ai aimé Une femme sur le fil, c’est parce que moi aussi, je pratique le fil. pas dans sa version circassienne mais dans sa version sportive. un peu moins poétique que le vrai (?) funamislime, je fais de la slackline pour lentement m’initier à la highline. 

ça consiste aussi à marcher sur un fil (mais plus épais et plus souple que le fil de fer du cirque), suspendu à 30, 50, 100, 1000 mètres de hauteur, mais avec une longe nous rattrapant en cas de chute. 

c’est une pratique qui m’inspire beaucoup. 

dans mon carnet, j’écrivais à propos d’elle il y a quelques semaines : 

« soudain quelque chose se débloque ; d’avoir répété le même mouvement désespéré, encore et encore, et c’est l’éclat. le geste se fait avec un naturel insultant toutes les tentatives qui l’ont précédé et le corps alors en mouvement avance vers quelque chose de nouveau : au sein du vaste champ des possibles, un espace inconnu s’est ouvert, changeant à jamais la face du passé. ». 

*

tout ce qui m’arrive aujourd’hui donne sens a ce qui a déjà été bien plus qu’à ce qui va ou peut se passer. 

je ne me sens être arrivée nulle part en particulier et pourtant je me sens bien dans cet endroit intermédiaire entre nulle part et quelque part. 

je suis nulle part en particulier, mais je suis quelque part. 

 pas quelque part en particulier.

simplement quelque part. 

je me sens toujours aussi loin du lieu où semblent être arrivé-es mes ami-es capables de souscrire à des prêts, de faire des enfants, de répondre à ce qu’on attend de trentenaires diplômé-es, actif-ves, issu-es de classe moyenne. en somme : de s’installer, d’un point de vue économique et social. 

je ne crois toujours pas à cette destination pour moi et j’ai peur de n’y croire jamais. 

je n’ai jamais eu d’Ithaque. le problème vient peut-être de là. je n’ai jamais cru au port car je n’y ai jamais été. je suis née au milieu des vagues : celles des huit mers qui entourent les huit montagnes – la montagne centrale n’a pour moi jamais même existé. 

*

dans un vers de La Forêt barbelée, Gabrielle Filteau-Chiba écrit : « incapable de recoudre mes continents / j’épouse l’étoile ». 

c’est à peu près la où j’en suis. 

ça fait peut-être un mois que j’essaie de dormir. 

il serait temps de m’arrêter d’écrire et de commencer à répéter, pour me forcer à y croire : « j’épouse l’étoile » en y ajoutant : « l’écart et la suite », pour être réaliste mais quand même sereine. 

j’épouse l’étoile, l’écart et la suite. 

pour le reste, je m’abandonne aux dieux. 

je m’abandonne aux eaux. 

dans le rodéo, je suis le taureau

comme d’habitude depuis longtemps, la vie va entre très vite et très lentement.

et j’en arrive au point où je rêve d’être vendeuse dans un magasin de stores.

cette phrase a à voir avec le temps. le temps de ma vie et le temps qu’il fait.

il fait chaud et il y a du vent.

c’est ça ma météo depuis que j’ai quitté les montagnes – l’intensité et l’instabilité.

ça a aussi à voir avec l’espace.

avec la Terre de Feu, avec Toulouse, avec Marseille, avec l’Ardèche.

les terres qui brûlent dans ma mémoire, dans mon après.

ma vie est un chaos aéré ou un rodéo comme a dit Maxime qui ne se doutait sûrement pas, à ce moment-là, d’à quel point c’était juste comme expression pour désigner ma vie.

un rodéo.

il y a du mouvement mais aucune direction et aucune avancée. quelques saccades, quelque chose qui ressemble à un show alors qu’il s’agit seulement d’un animal maltraité.

comprenez-moi : dans cette image, je suis l’animal, pas l’humain.

rien de tout ça ne m’amuse vraiment. ou plutôt si. mais en surface seulement.

je subis un spectacle qu’on m’inflige d’ailleurs – mais d’où ? – et dont je ne saisis pas grand-chose, si ce n’est que ma seule issue pour en sortir – mais est-ce vraiment possible ? – est de ne jamais m’arrêter de remuer.

une fois encore, j’ai toutes mes affaires dans ma Clio – je m’anticipe désormais : “toutes mes affaires” veut dire : 3 valises, 2 guitares et une dizaine de livres – et je me jure que j’arrête, que d’ici la fin de l’année j’aurai un endroit où rester. où devenir, pour faire face à la chaleur intérieure, vendeuse dans un magasin de stores.

je me jure d’arrêter mais comme toujours : l’humain ment à l’animal.

il le ramène seulement au pré pour une trêve de courte durée.

*

« quelqu’une s’approche.
elle est belle, puissamment belle.
elle tient dans la main des scarabées.
une fois suffisamment près de moi, elle les enfonce dans ma bouche.
dès qu’elle sort sa main et que ma bouche se referme, les scarabées se mettent à voler.
je cherche des yeux quelqu’une mais elle n’est plus là.
il n’y a plus que moi et les scarabées.
 »

*

plus tôt, mais toujours en juillet.

malgré l’incessant mouvement, mon grand livre de l’amour continue à prendre forme, entre deux fêtes, deux eaux – la mer / l’océan ou bien la rivière.

ce début d’été est doux. ça faisait longtemps.

nous sommes le 14 juillet.

ça fait très exactement 19 ans que mon père est mort et 3 ans et 10 jours que mon grand-père est mort, et honnêtement, la saison des deuils-anniversaires s’est passée sans encombres.

ça aussi, ça faisait longtemps.

pour dire deux-trois mots de mon histoire de livre, après avoir découpé ce vieux manuel d’éducation destiné aux jeunes filles, j’ai trouvé une nouvelle source pour des découpages à venir : un fichier word dans lequel j’avais archivé une partie de mes échanges avec F. à l’époque où nous étions ensemble.

ça fait 80 pages et ça dit perpétuellement : mais pourquoi on n’arrive pas à s’aimer dans la paix ?

je m’amuse à faire analyser nos échanges par ChatGPT, mon désormais fidèle allié et quand je lui demande ce qu’il en pense, il me dit qu’il n’y voit que tentatives honnêtes et sincérité – j’ai l’impression qu’il est de son côté…

je pense intercaler les quelques poèmes que je pourrai tirer de cette nouvelle série (si j’y arrive) au milieu d’autres collages, composés cette fois (tout ça est pour l’heure à l’état de projet, je m’avance un peu) en découpant une autre source : Le Banquet de Platon ou le début du mythe qui nous fait tout accepter, du mensonge à la violence : le mythe de l’âme soeur.

j’ai finalement bifurqué, moi qui voulais parler porno. mais peu importe. on reste dans l’Histoire des idées, on rembobine juste un peu plus loin.

pour mieux retourner au présent.

*

« il refuse de prendre la main qu’elle lui tend et il en perd la main.
quelques minutes plus tard, il lui en pousse une autre.
c’était inévitable : c’est sa main à elle.
 »

*

je lis le journal de Pizarnik et j’y reconnais des sentiments qui ont pu me traverser il y a longtemps – quand j’allais mal, genre vraiment mal.

j’ai envie de reprendre tous mes carnets et de voir où j’en suis aujourd’hui. regarder le chemin parcouru depuis que j’ai commencé à écrire – ce qui signifiait au début : avoir envie d’écrire, d’être une grande écrivaine.

ça doit faire quelque chose comme 10 ans.

le temps a passé mais l’idée de la mort est toujours aussi prégnante ; elle s’accompagne désormais de quelque chose qui n’enlève rien à son tragique : une farouche envie de vivre.

je suis obsédée par la mort parce que je suis obsédée par l’idée d’être en vie et par la peur de perdre cette grâce absurde qu’est l’existence.

alors, quand je lis ce journal, je me sens éloignée de cette façon unilatérale d’aborder la mort-vie.

aussi, toujours en lisant, je remarque toute la distance – au-delà de la distance esthétique et bien sûr qualitative – qui sépare mes journaux – qu’ils soient carnets privés ou notes publiées ici – des siens.

moi, c’est comme si je n’étais capable de raconter que ce que je pouvais problématiser, ce qui me servait à penser, à avancer – quelque chose comme : pour contrecarrer le rodéo ?

chez elle, c’est comme si tout était poétisé, comme si tout était préliminaires vers le poème, sensualité, rêve et obscurité – comme si, en fait : déjà le poème.

chez d’autres – Camille Ruiz ou Simone Sévit par exemple, deux dont l’écriture journalesque me fascine – comme si tout était journalisé, l’impression d’être en face de l’essence du journal, quelque chose de tangible, de ici, de là, de maintenant.

alors que moi, toujours le journal utile, qui se doit de servir l’écriture, la composition, les projets de livres et les projets de vie. la thérapie immédiate et nulle part une place pour le gratuit.

seulement des questions, des problèmes passés ou à venir, et pire que tout : des projets.

une écriture journalesque purement dialectique.

alors je repense à Bataille, à son expérience intérieure, à tout ce dont je n’arrive pas à dire.

et je reprends mes notes prises au moment de cette lecture et je tombe sur cette citation : « La différence entre expérience intérieure et philosophie réside principalement en ce que dans l’expérience, l’énoncé n’est rien, sinon un moyen et même, en tant qu’un moyen, un obstacle ; ce qui compte ce n’est plus l’énoncé du vent, c’est le vent. »

le vent est bien trop présent dans ma vie pour être dans mes journaux.

peut-être que s’il cesse, si les stores, et l’humain pas l’animal, alors, la balance, et donc l’expérience aussi dans les textes ?

ou alors, plutôt, l’expérience et dans les textes, son corollaire : le silence ?

*

« ils ont placé toute la population dans un tunnel et ils l’ont assiégé.
après avoir scellé les deux accès, ils ont dit à la population : « ne sortiront du tunnel que celles et ceux qui n’y sont pas entrés ».
ça fait maintenant plusieurs années et personne n’a pu bouger. 
»

*

j’ai commencé-terminé les poèmes composés à partir de la correspondance avec F.

ils sont 8, ils forment un tout et je ne crois pas en faire d’autres – c’est assez pour cette série.

ils sont méchants et faux sur le plan du réel, mais justes et bons sur le plan du poème.

ils disent la potentialité d’abus que porte toute histoire.

la façon dont l’un peut détruire l’autre, même sans le vouloir. lui faire porter le poids de quelque chose qu’il ignore – souvent rien d’autre que son poids à soi.

ils disent des choses de cette histoire mais ils s’en distancent aussi. la voix qui y parle n’est plus la nôtre, mais elle-même. elle raconte une autre histoire à partir des lettres qui l’ont fait naître.

à mi-chemin entre quelque chose qui a vécu et quelque chose qui aurait pu vivre.

*

« une vieille femme portait dans ses bras toute la souffrance du monde.
alors qu’elle voulait que je prenne sa place, tu t’es interposé et lui as dit qu’elle se trompait.
elle s’est détournée de moi et elle est partie chercher quelqu’un d’autre.
« 

*

passer ma vie à me demander ce que j’en fous, de ma vie.

des dizaines de poissons mangent mes peaux mortes entre deux descentes.

j’alterne entre trouver ça paisible et trouver ça franchement triste.

les cigales chantent. on mange du melon, de la pastèque.

on mange des bières.

assise dans la rivière, je pense à hier et une nouvelle image m’arrive : ma vie, ce n’est pas tant un rodéo qu’un pogo dans une guinguette punk.

tout est très insignifiant. tout est trop insignifiant.

voilà pourquoi ici tout est trop dialectique.

parce que je me tue à conjurer le vent en conjuguant le vent.

ni plus.

ni moins.

mais bon. c’est comme ça.

et ça pourrait être pire : ça pourrait s’arrêter.

générique.

plein de choses

ça veut dire : un entretien avec Nathanaëlle Quoirez pour Poétisthme, la poursuite de différents projets, deux publications dans deux revues, un peu de lecture, un peu de musique, et quelques méditations entre tout ça.

*

un entretien avec Nathanaëlle Quoirez pour Poétisthme

alerté par un post instagram dans lequel je disais beaucoup de bien d’un livret de huit poèmes écrit par Nathanaëlle Quoirez et édité par Manon Thiery (et accompagné des dessins de cette dernière), loan diaz, éditeur de la revue, devenue association et maison d’édition, Poétisthme, m’a proposé de poser quelques questions à Nathanaëlle sur la et sa poésie et d’en faire paraître le résultat dans Les Carnets de l’Isthmographe, véritable “observatoire des poétiques du lien”, qui proposent, à chaque numéro de découvrir la vision et la pratique d’un artiste. 

c’est désormais chose faite. vous pouvez découvrir cet entretien sur le site de Poétisthme, rubrique les Carnets de l’Isthmographe. on y parle du corps, de l’inspiration, de l’adresse, du bricolage. l’entretien est accompagné par une sélection de poèmes de Nathanaëlle.

*

pendant que j’y suis avec Poétisthme, un livre est sorti récemment. il s’agit de La Mise à sac de Joe Bandini. loan, qui l’a traduit, évoque dans sa préface, au sujet du recueil, la fragmentation d’un soleil, quelque chose qui s’auto-détruit mais continue à rayonner. je n’aurai pas mieux à dire. lisez ce livre. il est possible de le commander sur le site de la revue-édition-association ou de l’obtenir gratuitement en téléchargeant la version pixels, toujours sur le site. 

*

l’avancée des projets en cours

les saisons – suite et fin

à part ça, j’ai officiellement fini les dix poèmes qui composent le quatrième volet de mes saisons ; il s’agit du livret hivernal, qui s’appellera, quelque chose de froid. il ne me reste plus qu’à éditer les reproductions des collages, à faire la maquette, à tisser les recueils, et ça sera prêt pour l’envoi. il y est question de l’inéternel retour des cheveux abîmes, de truffes appelées Atlantis, du silence des oiseaux, du nouvel an, de noël, de la saint-valentin, de l’humidité et des JO d’hiver. bref, il est bien. plus que quelques poèmes (toujours à partir du même matériau) et on pourra appeler ça un presque-livre en attendant qu’une maison d’édition en fasse un vrai-livre.


en attendant, voici l’un des poèmes de ce nouveau recueil :

« il n’y a plus de pigments mais des tonalités

si l’inertie est sortie de sa cage
ils ont vu dans sa main la lumière d’une autre lumière 


demande au temps comment vont les saisons l’hiver
comment faire le bon choix de radiateur
comment protéger sa naïveté quand on est une couleur passée


passage

et si tout commençait par là
serait-ce déjà quelque part ? 


je récupère mes cheveux accumulés dans la douche

comme un château de cartes délaissé
ils habitent la dispersion

nul cycle n’ira les chercher pour renaître


serait-ce cela la paix ? »

*

sova tv, radio sova : le nouvel empire des médias

parallèlement à cette fin des saisons, toujours soucieuse de tester ma capacité à composer à partir de n’importe quoi, ou plutôt, à partir de rien de trop poétique, je continue sova tv, ce projet consistant à composer un poème-croquis par semaine à partir du programme télé de la semaine correspondante. 

à côté de ça, je souhaitais aussi travailler sur la mise en voix de mes poèmes. j’en parlais il y a deux ou trois semaines ici. ce projet-croquis s’est présenté comme une occasion en or d’expérimenter la mise en son. alors j’essaie, de temps en temps, de mettre en voix, en son ou en musique, l’un de ces poèmes. j’ai appelé ça radio sova.

je le concède : sova tv, radio sova, ça fait un peu empire médiatique mais j’aime bien. pour une fois en plus, ça donne pas la nausée et ça cherche pas à vous influencer.

le dernier poème que j’ai réalisé pour sova tv se conclut sur un kōan (phrase, ou parfois même anecdote ou fable, paradoxale ou absurde, utilisée dans le bouddhisme zen) que j’aime beaucoup. je le reproduis ci-après :

« la nature la première
se dévoile en forme d’adieu

s’il doit ne rester qu’une impasse
que ce soit une vague »

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deux publications

aussi, dernièrement j’ai reçu un zine et une revue dans lesquels certains de mes poèmes ont été publiés. 

le zine est intitulé Le Festin et présenté par La Chaise jaune, collectif de micro-édition basé à Londres et Lausanne. ce numéro comprend des poèmes, des textes, des illustrations, des peintures, des photographies et toutes sortes d’expérimentations. le poème que j’y publie est extrait de mes histoires au soleil.

pour la publication en revue, il s’agit de Point de chute, plus particulièrement, du troisième numéro. Point de Chute est une revue de poésie qui publie uniquement des inédits. on y trouvera, de mon côté, six collages inédits – regroupés dans une suite appelée némésis – ainsi que des contributions de Sibylle Bolli, Alix Leridon, Sylvain Milliot, Victor Malzac, Eli Desanlis, et deux traductions de Wendy Chen (traduite par Geoffrey Pauly) et Ayat Abou Shmeiss (traduite par Shira Abramovich et Lénaïg Cariou). la série que j’y publie est plus expérimentale, plus brutale que ce que je fais habituellement. c’est la ville et l’atomisation, l’aliénation et un terrain vague. c’était un essai. depuis je suis retournée au végétal. 

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un peu de lecture

en matière de lecture, ces dernières semaines, j’ai essayé d’oublier Solénoïde de Cărtărescu. je me sens toujours pas apte à en parler.

alors parlons d’autres choses.

si on excepte un roman, Dans la forêt de Jean Hegland, une nouvella, Le Tunnel de Sábato et quelques nouvelles de Lovecraft, j’ai surtout lu de la poésie ; 

ça veut dire :

pas mal des haïkus, notamment l’anthologie de Bashō, traduite par Makoto Kemmoku, parue l’année dernière chez Points ; 

Éclipse d’étoile de Nelly Sachs, dont j’ai bien aimé la première partie – Dans la demeure des morts – un peu moins la seconde – Éclipse d’étoile ;

Mariées rebelles de Laura Kasischke, dans lequel j’ai trouvé l’épigraphe que je voudrais faire figurer sur mes Saisons ; 

Extraction de la pierre de folie d’Alejandra Pizarnik dont j’aimerais bien faire une critique collée ; 

Rien du tout, d’Olivia Tapiero, qui est tout, sauf rien du tout, qui est chair du monde et du corps, qui est cri, qui est polyphonie et animal sous-marin ; 

j’ai aussi relu Tomates de septembre de Karina Borowicz, paru chez Cheyne en édition bilingue et traduit par Juliette Mouïren, qui regroupe ses deux premiers recueils, The Bees Are Waiting ainsi que Proof. j’en publie ici deux poèmes, parmi mes préférés du recueil. j’y ai retrouvé tout ce que j’aime en poésie : des animaux, des questions et des fantômes. 

peut-être que ce qui m’a conduit à ces lectures, directement ou non, et au-delà d’un pur soucis de culture littéraire ou d’un fanatisme personnel (je pense à Pizarnik), c’est qu’elles me semblaient toutes avoir un lien, plus ou moins profond, avec le monde. 

or, je trouve que ce lien, loin d’être anecdotique, aujourd’hui se fait rare. 

Alain Jouffroy, dans le texte que j’ai reproduit plus bas, appelle ce lien la poésie vécue ; elle est celle qui résulte d’une expérience ou d’une perception (il parle de l’antériorité de l’expérience sur la parole). pour cela elle peut être ancrée dans son époque (Rien du tout est, en cela, un exemple d’une poésie qui dit le monde sans s’y perdre, qui dit le monde pour mieux le confronter à ses vices, à ses morts, pour mieux s’en protéger, pour ne pas faire que dire pour dire) ou tout simplement interroger notre “énigmatique présence au monde” (sur ce point, c’est surtout la poésie de Karina Borowicz qui est exemplaire).
la poésie engage sa communicabilité dans ce lien avec le monde ; c’est pour ça qu’il est important. pour écrire aussi pour les autres et pas que pour soi.

au-delà d’une position de principe, je trouve que c’est plus sympa de lire des textes qu’on comprend, qui nous parle des choses et du monde, qui nous interroge, plutôt que des suites de mots, enfermées dans le soi qui les produit. bien sûr, la poésie ne doit pas être plate comme une liste de courses et doit cultiver son mystère. mais elle doit aussi se faire monde. aller aux racines (même si rhizomatiques). donner à lire des espaces mentaux. poser des questions encore et encore. refléter la soif de savoir et surtout la faim d’être de la personne derrière le stylo, le clavier ou l’écran (et qui sait, bientôt le cerveau).  j’aime beaucoup l’expression qu’emploie Nathanaëlle dans son entretien lorsqu’elle dit écrire pour chercher à « résoudre la Grande Énigme ». ça me semble aussi être ça la poésie vécue. 

mais tout est question d’équilibre.

c’est aussi pour ça que j’ai relu le Tao-to-King. j’en ai mis quelques extraits en-dessous. c’était pour réfléchir sur l’équilibre et sur le vide, sur un dire qui pourrait être juste comme un chemin pourrait être la voie. c’est pour ça et aussi parce que j’ai repris Les Portes de la perception d’Aldous Huxley suite à une lecture d’un essai fascinant d’Olivier Chambon, médecin-psychiatre, sur La Médecine psychédélique et l’usage thérapeutique de différents “hallucinogènes”. je vous conseille cet essai. d’ailleurs, pour finir et boucler la boucle, Alain Jouffroy évoque très brièvement dans son Manifeste de la poésie vécue l’influence de la psilocybine (substance psychédélique contenue dans les champignons hallucinogènes) sur son rapport à la poésie. alors peut-être est-ce celui-ci le vrai fil de toutes ces lectures ? le fil-racine d’un champignon magique. 

maintenant voici quelques extraits. il faut cliquer sur les images pour les lire : *

Karina Borowicz, Tomates de septembre

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Alain Jouffroy, Manifeste de la poésie vécue

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Lao-Tseu, Dao de jing ou Tao-to-King ou Livre de la Voie et de la Vertu

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un peu de musique

tout autre chose maintenant : je suis un peu obsessionnelle avec la musique et parfois, plus particulièrement avec certains morceaux. rien d’original. mais je me suis dit que ce serait cool de partager ici quelques-uns des morceaux que j’ai pu faire tourner en boucle ces dernières semaines.
au lycée, j’avais créé un blog musical. je trouvais ça bien de partager de la musique. alors, voilà, en souvenir du bon vieux temps, et pour donner forme à ma régression perpétuelle vers l’adolescence, voici quelques liens vers quelques morceaux que j’ai découverts ou aimés dernièrement. 

il y avait aussi Ei Dvipa de Merope, The Orchids de Psychic TV, pokka pokka de Fishmans, I can’t live in this world anymore de His name is alive, Good fortune de PJ Harvey, Tears are in your eyes de Yo la Tengo, et Hommage to a friendship de The Zenmenn – mais les liens intégrés ne marchaient pas pour ceux-là.

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et le reste

pour finir sur quelques évidences-vérités, bien sûr, j’ai fait des choses moins glorieuses ces dernières semaines, comme par exemple regarder les deux saisons de The Witcher, démarrer une nouvelle partie de Pokémon – cette fois version alpha saphir – m’énerver à propos du monde, traîner, déprimer, enchainer des vidéos inutiles sur Youtube, envoyer des selfies pourris à mes amis, penser au sens de la vie le jour et à la folie de la mort la nuit, et surtout, scroller beaucoup trop longtemps sur mon téléphone.

en image, ça donnerait ça :

enfin, à part ça, je vais bientôt déménager. c’est la quatrième fois en un an et demi (et la onzième en huit ans). mais c’est toujours pour le mieux. et puis, et ça c’est plus étonnant, je vais re-travailler.
voilà, c’est la fin de ce post étrange, où il y a à boire et à manger.

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alors à bientôt pour des nouvelles nourritures.

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