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mourir en vie, ne pas mourir

c’est un petit bar qui n’a pas d’intérieur mais qu’une terrasse ; il est à l’extrémité d’un parking, à côté du chemin de fer qui monte au Montenvers. la vue sur les aiguilles et le massif est dégagée, magnifique. et le soleil, même s’il disparaît derrière les sommets vers 17h, y frappe plus longtemps qu’ailleurs. avec la bande, tous les dimanches on s’y retrouve. il fait souvent moins de zéro mais on l’oublie en quelques verres. on est ensemble, on danse sur des vinyles de dub et de reggae, on est censé faire que passer mais on finit généralement par rentrer chez nous un peu plus tard que prévu, souvent transi-es, souvent bourré-es, mais toujours heureux-euses de s’être retrouvé-es dans cet endroit un peu spécial. dimanche dernier c’était particulier. 

tout à part demain : histoire d’une double fin

j’écrivais dans la précédente note : « c’est précaire, c’est fragile, c’est compliqué, et ça paraît si souvent absurde, mais c’est cet amour que j’ai choisi, ce chemin où nous sommes si souvent tentés de sauter dans la mer plutôt que de continuer à marcher dans le sable. ». c’était il y a moins d’un mois et depuis tu as décidé d’arrêter de marcher dans la sable et tu n’as pas seulement sauté dans la mer, non, tu m’y as jetée aussi, au milieu des rouleaux, le diaphragme coincé et du sel plein l’espoir. c’est fini. c’est comme ça. 

le fleuve pollué

une séquence de télé-réalité fait parler d’elle. c’est un extrait de La Villa des cœurs brisés, une émission où les candidat-es sont accompagné-es par une thérapeute, par le biais de coachings en groupe et en privé, pour se reconstruire affectivement. dans cet extrait, un participant demande à une participante s’il peut l’embrasser. celle-ci refuse, dit avoir besoin de temps. il répond : « pas de problèmes, c’est ok ». on pourrait croire que ça en restera là, mais sur les réseaux sociaux, les gens aboient. ça ne va pas en rester là.

une histoire de chaleur

ma tristesse est liée à la chaleur. ou plutôt : à l’absence de chaleur. je répète inlassablement les mêmes choses. je tourne toujours autour des mêmes obsessions. quand je suis triste, je deviens une enfant qui pleure, et qui, si personne ne s’en enquiert, qui meurt de froid. comme : la petite fille aux allumettes. 

ça va pas mieux

en ce moment je me réveille en pensant au moment où je vais retourner me coucher - je me lève à 11h. ma vie ressemble à une aire d’autoroute sur laquelle descendent distrait.es les passager.es d’un flixbus bondé - achetant un redbull, un sandwich, 13€ s’il vous plaît, mon budget journalier. je n’ai jamais eu aussi peu les moyens d’aller voir un.e psy. est-ce que ça ne serait pas le moment idéal pour reprendre mes notes-thérapie ?