cette note aura la forme d’une insomnie. une insomnie qui a duré un mois.
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mourir en vie, ne pas mourir
c’est un petit bar qui n’a pas d’intérieur mais qu’une terrasse ; il est à l’extrémité d’un parking, à côté du chemin de fer qui monte au Montenvers. la vue sur les aiguilles et le massif est dégagée, magnifique. et le soleil, même s’il disparaît derrière les sommets vers 17h, y frappe plus longtemps qu’ailleurs. avec la bande, tous les dimanches on s’y retrouve. il fait souvent moins de zéro mais on l’oublie en quelques verres. on est ensemble, on danse sur des vinyles de dub et de reggae, on est censé faire que passer mais on finit généralement par rentrer chez nous un peu plus tard que prévu, souvent transi-es, souvent bourré-es, mais toujours heureux-euses de s’être retrouvé-es dans cet endroit un peu spécial. dimanche dernier c’était particulier.
la trilogie du moi ou décollage : état des lieux
l’autre fois, j’annonçais la fin des notes adressées. la fin du livre de l’amour. et la fin d’une histoire. il est donc désormais l’heure, très logiquement, du début d’autres choses. voici l’une d’elles : le début d’un nouveau projet d’écriture.
tout à part demain : histoire d’une double fin
j’écrivais dans la précédente note : « c’est précaire, c’est fragile, c’est compliqué, et ça paraît si souvent absurde, mais c’est cet amour que j’ai choisi, ce chemin où nous sommes si souvent tentés de sauter dans la mer plutôt que de continuer à marcher dans le sable. ». c’était il y a moins d’un mois et depuis tu as décidé d’arrêter de marcher dans la sable et tu n’as pas seulement sauté dans la mer, non, tu m’y as jetée aussi, au milieu des rouleaux, le diaphragme coincé et du sel plein l’espoir. c’est fini. c’est comme ça.
comment supporter un miroir
nous allons nous retrouver dans deux jours et c’est comme si cette seule perspective me permettrait de me lancer dans l’écriture de cette note qui traine pourtant depuis plusieurs semaines dans ma tête. nous allons nous retrouver, peut-être pour décider de ne plus nous retrouver après, et étrangement même cette perspective m’apaise.
le fleuve pollué
une séquence de télé-réalité fait parler d’elle. c’est un extrait de La Villa des cœurs brisés, une émission où les candidat-es sont accompagné-es par une thérapeute, par le biais de coachings en groupe et en privé, pour se reconstruire affectivement. dans cet extrait, un participant demande à une participante s’il peut l’embrasser. celle-ci refuse, dit avoir besoin de temps. il répond : « pas de problèmes, c’est ok ». on pourrait croire que ça en restera là, mais sur les réseaux sociaux, les gens aboient. ça ne va pas en rester là.
une histoire de chaleur
ma tristesse est liée à la chaleur. ou plutôt : à l’absence de chaleur. je répète inlassablement les mêmes choses. je tourne toujours autour des mêmes obsessions. quand je suis triste, je deviens une enfant qui pleure, et qui, si personne ne s’en enquiert, qui meurt de froid. comme : la petite fille aux allumettes.
dans le rodéo, je suis le taureau
comme d’habitude depuis longtemps, la vie va entre très vite et très lentement. et j’en arrive au point où je rêve d’être vendeuse dans un magasin de stores. cette phrase a à voir avec le temps. le temps de ma vie et le temps qu’il fait.
le complexe d’Orphée ou Sex and the City
ce week-end, j’ai écrit une phrase en vue d’en faire un poème. elle nommait ce complexe. elle disait : « Orphée malgré moi, je suis de celles qui toujours se retournent ».
ça va pas mieux
en ce moment je me réveille en pensant au moment où je vais retourner me coucher - je me lève à 11h. ma vie ressemble à une aire d’autoroute sur laquelle descendent distrait.es les passager.es d’un flixbus bondé - achetant un redbull, un sandwich, 13€ s’il vous plaît, mon budget journalier. je n’ai jamais eu aussi peu les moyens d’aller voir un.e psy. est-ce que ça ne serait pas le moment idéal pour reprendre mes notes-thérapie ?