hier soir, j’ai parlé à un gars de ma lecture d’Habiter en oiseau de Vinciane Despret. j’ai commencé en disant : « Vinciane Despret dit que chez les oiseaux le territoire peut être vu comme un caractère sexuel externalisé, c’est-à-dire comme une extension de leur propre corps. c’est par le territoire que les mâles séduisent les femelles. ».
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cry me a river
« la nuit nous offre tout à part demain », dit un vers que j’ai collé hier. tout à part demain. je peux tout donner sauf du possible. c’est ça que ça veut dire.
titre
certains jours je suis coincée dans un album de Fennesz. littéralement.
en moins : un mois et deux chevilles
ça fait un mois que j’accumule des notes et des idées pour divaguer sur l’intelligence artificielle, sur la possibilité que notre vie serait une simulation, sur toute cette flopée d’idées qui va du Boson de Higgs au Paradoxe de Fermi. ça fait un mois et rien ne vient.
les poètes sont des touristes comme les autres
j’ai commencé cette note à l’aller dans l’avion. il y a 17 jours j’écrivais : « si je me concentre une seule seconde sur l’idée que je me trouve actuellement dans les airs en plein milieu de l’Atlantique, j’ai du mal à réprimer mon envie de hurler. je me sens animale dans ces moments. animale terrestre qui ne comprend pas ce qu’elle fait à 10 000 mètres par dessus la mer. plus qu’un peu plus de trois heures. courage Camille, courage Camille. ». on est désormais 17 jours plus tard et j’attends mon vol retour dans lequel je vais probablement me répéter le même mantra : courage Camille, courage Camille.
ciao bye bye
je pensais finir cette note dans le jardin mais je vais vraisemblablement la finir dans l’avion. je préfère prévenir : elle risque d’être longue. je le redis : tout ça s’appelle thérapie parce que je n’avais plus de quoi m’en payer une.
neige petit-déjeuner, juste derrière la langue
parce que la mort est partout elle est ici nulle part. on en parle tout le temps pour n’en parler jamais.
partir ou le parasite sacré
je rencontre des gens qui construisent des maisons. les gens qui construisent des maisons trouvent ça normal de construire des maisons mais moi je trouve ça fascinant. j’ai du mal à m’imaginer construire une maison quand même l’architecture de mes textes est bancale. est-ce que quelqu’un qui construit des maisons peut trouver que construire un poème est un fait fascinant ? cette question veut dire : combien pèse un poème face à une maison ? je regarde mes mains incapables de construire quoi que ce soit, pense aux khmers, les imagine coupées quand soudain : « et toi tu fais quoi dans la vie ? ».
entre la forêt et le monde qui brule : un fil
je tends un fil au bord de la rivière. le fil est à l’image de celui qui me relie à la terre : il l’effleure à peine.
would you rather be a fish ?
avant toute chose, petit disclaimer : cette note sera la dernière à être aussi personnelle et à être aussi adressée (ça vaut pour la deuxième partie). enfin, j’espère. j’y crois à moitié quand je le dis. mais je vais essayer. au milieu, pour contrebalancer mon étalage de moi, il y aura Paterson de Jim Jarmusch et Paterson de William Carlos Williams. en miroir et en guise d’appui à un semblant de réflexion. les citations viennent donc du second. histoire de me dire qu’il ne s’agit pas que de moi. mais aussi de poésie.